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LA MATIÈRE ORGANIQUE, UN POIDS DANS LA BALANCE
Au fil des ans, plusieurs outils ont été mis en place dans la région des Bois-Francs pour aider les citoyens à disposer des déchets qu’ils génèrent de façon responsable. Citons entre autres l’Écocentre, où sont récupérés, traités et valorisés, des tonnes de déchets volumineux ainsi que du marché de la construction; ou encore la Journée Normand-Maurice qui, une fois l’an, permet aux citoyens de se départir sécuritairement de leurs résidus domestiques dangereux.
Néanmoins, le principal atout de la région pour diminuer la quantité des nombreuses matières qu’elle enfouies chaque année demeure assurément l’implantation de la collecte résidentielle à trois voies, c’est-à-dire une collecte qui inclue les matières organiques.
En 2009, les municipalités de la région qui offraient la collecte des matières organiques (les résidus de table et ceux du jardin) ont réduit de 30% leur taux d’enfouissement par rapport aux municipalités qui n’offraient pas ce service à leurs citoyens. La matière ainsi recueillie dans les bacs bruns a pu être dirigée vers des plateformes de compostage pour en faire un engrais naturel, utilisable autant dans le domaine horticole que dans l’industrie agricole.
À l’inverse, la matière organique qui prend le chemin de l’enfouissement cause une importante pollution et, ce faisant, entraine des investissements majeurs pour limiter les impacts de sa dégradation sur notre environnement. Une fois enfouie, cette matière se décompose en l’absence d’oxygène, ce qui occasionne l’accumulation néfaste de gaz à effet de serre. De plus, des liquides polluants s’en échappent et doivent être traités à l’aide de systèmes d’épuration sophistiqués.
Parallèlement, de récentes études menées au Québec démontrent que les matières organiques constituent 44% des matières résiduelles générées par les foyers. Dans les circonstances, il ne fait aucun doute que sa valorisation soit une excellente stratégie pour améliorer nos performances environnementales.
Pour bien saisir les avantages de la collecte à trois voies, il faut aussi comprendre l’utilité de trier les matières à la source, c’est-à-dire à la maison. En effet, le soin avec lequel les membres d’une famille séparent leurs matières résiduelles profite à toute la chaîne de recyclage qui s’ensuit. En vérité, plus une matière sera pure (non contaminée par des matières indésirées), plus elle sera facilement introductible dans un nouveau cycle de production en rajoutant de la valeur au nouveau produit. Ce soin dans le triage influence pareillement le compostage : une matière organique non contaminée deviendra naturellement un meilleur compost. On saisit ainsi l’importance de bien se sensibiliser à utiliser adéquatement toutes les collectes qui sont mises à notre disposition par un tri rigoureux de nos déchets.
Cela dit, malgré la brillante performance des municipalités qui se sont lancées dans la collecte à trois voies, on constate que le bac à déchets de leurs citoyens contient encore un important volume de matières organiques. Cette situation est liée à la réticence de certains individus à y déposer leurs résidus de table. Afin de limiter les désagréments que peut entraîner ce changement de comportement, certains vont user de diverses astuces, disponibles sur le site www.gesterra.ca, alors que d’autres vont opter pour le compostage à domicile.
Quoi qu’il en soit, il revient à chacun de nous de faire le choix de participer à cette lutte à la réduction de l’enfouissement. Si la dernière décennie nous a permis d’améliorer radicalement nos habitudes de recyclage, parions que la prochaine fera place à une véritable révolution dans notre gestion des matières organiques. À nous tous, d’une façon individuelle, de faire une différence sur le plan collectif.
Maud Fillion
Expert-conseil
